PEL : travaux éligibles et conditions en 2025 en France

Un chiffre qui ne bouge pas depuis des années et des règles qui se modifient en silence : le Plan Épargne Logement continue d’intriguer, de séduire ou de frustrer, selon l’année d’ouverture et le projet visé. En 2025, il conserve son statut de produit d’épargne réglementé, mais l’accès à la prime d’État, les montants prêtables et la nature des travaux financés n’ont rien d’automatique. Les propriétaires avertis le savent : chaque détail compte et la fiscalité, elle, ne fait pas de cadeau.

Le PEL en 2025 : qui peut en profiter et pour quels projets ?

Le plan logement PEL garde en 2025 sa place à part dans la galaxie des placements immobiliers. Ouvert à toute personne physique, majeur comme mineur, sous réserve de ne pas cumuler plusieurs plans à son nom, il impose un ticket d’entrée inchangé : 225 euros lors de l’ouverture, puis au minimum 540 euros versés chaque année. Impossible de dépasser 61 200 euros hors intérêts, un plafond gelé à son niveau depuis bientôt une décennie.

Quels projets ?

Voici les utilisations pour lesquelles le PEL reste pertinent en 2025 :

  • Achat de résidence principale : le plan vise ceux qui franchissent le pas de l’acquisition, que ce soit leur premier achat ou un nouveau projet de vie.
  • Construction d’un logement destiné à être la résidence principale du titulaire.
  • Travaux d’amélioration : sous réserve de respecter les critères précis du dispositif, certains travaux peuvent être financés, à l’exclusion de tout investissement locatif ou de résidence secondaire.

Pour conserver l’accès au prêt réglementé, il faut patienter au moins quatre ans après l’ouverture du plan. Passé quinze ans, le PEL se clôture automatiquement. Un retrait anticipé, quant à lui, efface purement et simplement la possibilité d’emprunter à taux PEL. À noter, il est possible de transmettre ses droits à prêt à certains membres de la famille, mais uniquement s’ils détiennent eux-mêmes un plan logement. Le rendement, les intérêts, le taux du prêt : tout est figé le jour où le plan démarre. Ce détail peut jouer en votre faveur ou non, selon la conjoncture des taux en 2025.

Quels travaux sont réellement éligibles au financement via un PEL ?

Le Prêt Épargne Logement n’est pas un sésame universel pour tous les travaux de la maison. Il cible les opérations sur votre résidence principale, et uniquement celle-là. Pour être dans les clous, votre projet doit concerner un habitat que vous occupez ou destinez à occuper à titre principal.

Dans ce cadre, il est possible de financer certains travaux d’amélioration ou de rénovation, pour peu qu’ils servent la qualité, la sécurité ou la performance énergétique du logement. Voici les interventions qui entrent dans les cases du dispositif :

  • Isolation thermique ou acoustique pour limiter les déperditions d’énergie ou le bruit.
  • Remplacement du système de chauffage par un modèle plus économe ou plus performant.
  • Travaux sur la toiture, à l’exclusion de toute extension ou surélévation.
  • Modernisation de la cuisine ou de la salle d’eau pour améliorer le confort ou l’accessibilité.
  • Installation d’équipements facilitant la vie des personnes à mobilité réduite.

En revanche, toute la partie décoration, ameublement, entretien courant, piscine, véranda ou travaux sur une résidence secondaire sont hors périmètre. Les travaux doivent démarrer après l’achat ou la construction, jamais avant, et la banque ne débloquera les fonds qu’après présentation de factures nominatives. Celles-ci servent de preuve que les opérations correspondent bien à ce que le PEL autorise à financer.

Le montant du prêt dépendra des droits accumulés depuis l’ouverture du plan. La banque vérifiera systématiquement la conformité du projet avec la vocation du dispositif, sans quoi l’accès au prêt PEL peut être refusé.

Prêt, montant maximal et prime d’État : ce qu’il faut savoir pour concrétiser ses travaux

Le prêt PEL s’appuie sur un taux fixé dès l’ouverture du plan. En 2025, il tourne autour de 3,20 % hors assurance, stable dans un contexte où les taux varient fortement ailleurs. Les banques n’ont pas de marge de manœuvre sur ce point, tout est dicté par la réglementation.

Le plafond du prêt ? 92 000 euros par projet, indépendamment du nombre de titulaires. Le montant exact dépend des droits à prêt engrangés au fil des années : plus vous avez épargné et longtemps, plus votre enveloppe grimpe. Il est possible de transférer ses droits à certains proches (conjoint, parents, frères, sœurs), mais chaque bénéficiaire doit répondre aux critères du PEL. Tout est vérifié au cas par cas par la banque.

Pour ceux qui ont ouvert leur plan avant 2018, une prime d’État peut encore venir gonfler le budget, à condition que le prêt finance bien une résidence principale. Tous les plans ouverts après cette date en sont privés : désormais, seul le taux garanti et l’épargne accumulée font la différence.

Préparez-vous à fournir un dossier solide : factures à votre nom, titre de propriété, devis détaillés… La banque ne laisse rien passer. Plus vos justificatifs sont clairs et cohérents, plus le déblocage des fonds sera rapide et sans accroc.

Jeune femme professionnelle devant un immeuble rénové

Conseils pratiques pour utiliser son PEL, de la demande à la fiscalité

Préparer sa demande et éviter les mauvaises surprises

Avant de solliciter un prêt PEL, prenez le temps de constituer un dossier complet. Il faudra démontrer la nature de votre projet (achat, construction, travaux) sur la résidence principale. Les devis, les preuves de propriété et le respect des versements réguliers sont autant de pièces que la banque examinera à la loupe. La clôture du PEL coïncide souvent avec la demande de prêt, mais si l’opération ne va pas au bout, le plan peut être conservé.

Fiscalité : la donne a changé

Dès la première année pour les plans ouverts à partir de 2018, les intérêts PEL sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 30 % (12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux). Pour les PEL antérieurs, la fiscalité change après douze ans de détention. Il est possible d’opter pour l’intégration au barème progressif de l’impôt, mais cela concerne tous les revenus financiers du foyer.

Pour optimiser l’utilisation de son PEL, voici quelques réflexes à adopter :

  • Choisir le bon moment pour clôturer son plan et limiter l’impact fiscal ;
  • Évaluer précisément les intérêts générés selon l’ancienneté du plan ;
  • Mettre en perspective la performance du PEL avec celle d’un livret A ou d’une assurance vie, si l’épargne n’est pas utilisée pour un achat immobilier.

La banque prélève automatiquement l’impôt dû. Pensez à demander un relevé détaillé de votre PEL pour anticiper l’effet fiscal d’un retrait ou d’une clôture. Si vous retirez des fonds trop tôt, les intérêts peuvent être recalculés au taux du CEL, généralement moins favorable.

Le PEL, en 2025, n’a rien d’un produit figé. Il récompense la discipline, la préparation et le choix du bon moment. À chaque étape, un arbitrage s’impose : rester simple épargnant ou activer la mécanique du crédit, en gardant à l’œil la fiscalité. Et si, derrière chaque PEL, se cachait le vrai projet immobilier qui ne demande qu’à devenir réalité ?